4 assassinats par semaine de défenseurs des droits à la terre et de l’environnement recensés en 2017 sur la Planète



L’année 2017 a été la pire année enregistrée jusqu’ici en la matière avec presque 4 assassinats par semaine et ce dans 22 pays dénonce dans son rapport annuel des défenseurs publié le 24 juillet 2018 l’ONG Global Witness qui recensé au moins 207 assassinats

L’organisation Global Witness mène des campagnes pionnières contre les conflits et la corruption liés aux ressources naturelles ainsi que contre les violations des droits environnementaux et des droits de l’homme qui y sont associées.

L’agrobusiness premier responsable des crimes

Avec « au moins 46 meurtres », c’est l’agrobusiness, et non plus l’extraction minière, qui est désormais devenue l’industrie dans laquelle les défenseurs sont le plus menacés, selon le rapport « At What Cost ? » en français « Le prix à payer ».

Ainsi, en Colombie, Hernán Bedoya a été abattu de 14 balles par un groupe paramilitaire parce qu’il protestait contre l’extraction de l’huile de palme et les plantations de bananiers sur des terres volées à sa communauté. Aux Philippines, l’armée a massacré huit villageois qui s’étaient opposés à une plantation de café sur leurs terres. Enfin, au Brésil 22 amérindiens de la tribu Gamela ont été blessés grièvement – certains s’étant fait couper les mains – par des agriculteurs qui les ont attaqués sauvagement avec des machettes et des armes à feu.

Selon l’ONG, pour la première fois, c’est l’agrobusiness qui a été le secteur le plus meurtrier, avec « au moins 46 meurtres ». Ceux liés à l’extraction minière ont augmenté de 33 à 40, comparés à 2016 et 23 meurtres sont imputables au secteur de l’abattage.

Le Brésil (48 assassinats) et Le Mexique (15 crimes) sont en 2017 sur ce podium sordide !

En titrant son rapport « At What Cost » (« Le Prix à payer » en français), Global Witness a voulu montrer que cette violence meurtrière est directement liée aux produits que nous consommons. Les secteurs incriminés, agrobusiness, extraction minière, abattage de forêts, braconnage produisent les ingrédients qui « entrent dans la fabrication de produits vendus en supermarché comme l’huile de palme pour les shampoings, le soja pour nourrir les bovins ou le bois pour les meubles ». Cette violence est donc directement liée aux produits que nous achetons.

Des gouvernements et des entreprises complices

Le rapport indique par ailleurs que certains gouvernements et certaines entreprises sont complices des assassinats. Global Witness appelle donc à une action urgente pour renverser la tendance. Aujourd’hui les gouvernements et les entreprises sont responsables, mais ils peuvent décider au contraire de trouver des solutions. Ils doivent s’attaquer aux causes mêmes de ces violences, en s’assurant par exemple que les communautés aient le droit de refuser des projets sur leurs terres – l’extraction minière notamment – ; mais aussi en soutenant et en protégeant les défenseurs menacés et en s’assurant que justice soit rendue pour ceux qui subissent cette violence.

Un nombre réel de crimes beaucoup plus élevé

En raison de restrictions importantes quant à l’information disponible, le chiffre réel total des violences est sans doute bien plus élevé que celui que présente ce rapport. Si les assassinats représentent l’aspect le plus ignoble de la batterie de tactiques utilisées pour faire taire les défenseurs, il ne faut pas pour autant oublier les autres tactiques – dont menaces de mort, arrestations, agressions sexuelles, enlèvements, et attaques juridiques agressives.

Pour en savoir plus :

- Communiqué de presse Global Witness du 24 juillet 2018

- A VOIR aussi, La triste martyrologie 2017 mise en ligne par @brutnatureFR :