Minioptère de Schreibers



Le Minioptère de Schreibers - Miniopterus schreibersii

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F. Schwaab ©

Description, caractères distinctifs [1] :

  • Longueur avant-bras : 45 à 50 mm en moyenne
  • Longueur oreille : 10 à 13 mm
  • Longueur Tête + Corps : 50 à 62 mm
  • Poids : 9 à 18 g
  • Envergure : 305 à 342 mm

Répartition régionale :

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Répartition nationale : ici

Statuts de protection et listes rouges :

  • Arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des mammifères terrestres protégés sur l’ensemble du territoire français et les modalités de leur protection (niveau national)
  • Inscription à l’annexe II et IV de la Directive européenne Habitats-Faune-Flore (niveau européen)
  • Listes rouges :
    • Franche-Comté : Vulnérable (VU)
    • France : Vulnérable (VU)
    • Europe : Quasi-menacé (NT)
    • Monde : Quasi-menacé (NT)

Habitat et gîtes :

Espèce strictement cavernicole, le Minioptère de Schreibers établit ses gîtes dans des cavités souterraines tout au long de l’année et dépend donc d’un nombre limité de refuges (grottes, gouffres, anciennes mines, anciens tunnels). Le Minioptère est majoritairement cantonné aux abords des rivières (vallées de la Saône, de l’Ognon, du Doubs, du Dessoubre et de la Loue) et des premiers contreforts du massif jurassien (Revermont, Petite Montagne). Son habitat de chasse privilégié serait les milieux urbanisés (jardins, lotissements, allées de lampadaires) avec les lisières et forêts de feuillus.

Biologie et écologie :

Cette espèce est très grégaire avec des rassemblements pouvant atteindre plusieurs milliers d’individus, souvent en colonies mixtes. Sa période d’hibernation stricte est relativement courte, de décembre à février-mars. Il exploite des territoires de chasse très variés, tous liés à son régime alimentaire spécialisé sur les Lépidoptères. Fidèle à ses gîtes, cette espèce fréquente un ensemble de cavités en réseau pour accomplir son cycle biologique. Il peut chasser jusqu’à 30 km autour du gîte et sélectionne les secteurs les plus rentables où abondent les proies. De 1956 à 1961, un programme d’observations coordonnées lancé par le Centre de Recherches sur la Migration des Mammifères et des Oiseaux du Museum National d’Histoire Naturelle, a permis d’étudier les phénomènes de migration. Plus de 27 000 Minioptères de Schreibers ont été capturés et bagués en période estivale [2]. Les déplacements des animaux entre leurs gîtes d’été et d’hiver ont mis en évidence l’existence d’une métapopulation de Minioptères dans le Grand Est de la France (Bourgogne, Franche-Comté, sud de l’Alsace et nord de Rhône-Alpes) et la Suisse Romande, dont le noyau dur se situe en Franche-Comté.

Distribution et population :

Situé en limite d’aire de répartition septentrionale, le Minioptère de Schreibers est une espèce particulièrement présente en Franche-Comté, avec 17% de la population nationale, d’après les effectifs nationaux de 2004 [3]. La population régionale est estimée à 17 068 individus en période d’hibernation (Synthèse 2004-2013). La majorité des effectifs hivernaux est regroupée dans un seul site en Haute-Saône, qui accueille jusqu’à 16 000 individus, ce qui en fait l’un des plus importants sites d’hibernation du Minioptère de Schreibers connu en France. Suite à une mortalité exceptionnelle (probable épizootie), survenue en 2002, la population franc-comtoise a subi une perte de près de 50% de son effectif [4]. La population d’adultes reproducteurs est de 5 500 individus (synthèse 2004-2009), répartis en 5 gîtes de reproduction principaux, majoritairement localisés dans le Jura (85% des effectifs reproducteurs). Une quinzaine de sites de transit accueillent des effectifs allant de 500 à 5 000 individus. En Franche-Comté, le Minioptère de Schreibers fréquente une trentaine de sites d’hibernation, de transit et/ou de mise-bas. Tous ces gîtes forment un réseau exploité par l’espèce, ceci ayant été démontré par les nombreuses sessions de baguage des années 1960.

Menaces :

La surfréquentation des sites souterrains qu’il occupe peut perturber cette espèce très sensible au dérangement. Les aménagements touristiques de grottes ou leur fermeture pour des raisons de sécurité restreignent les gîtes potentiels. De plus, la conversion à grande échelle de peuplements forestiers de feuillus vers des monocultures de résineux, est également préjudiciable à l’espèce.



[1] Arthur L., Lemaire M., 2009. Les Chauves-souris de France, Belgique, Luxembourg et Suisse. Biotope, Mèze (Collection Parthénope) ; Muséum national d’Histoire naturelle, Paris, 544p.

[2] Constant, 1957. Etude systématique du Minioptère de Schreibers. Sous le plancher 1(6) : 30-34.

[3] Groupe Chiroptères SFEPM, 2010. Effectifs et état de conservation des Chiroptères de l’annexe II de la Directive Habitats Faune-Flore en France métropolitaine - Bila 2004. Symbioses, 25 : 47-58.

[4] SFEPM, 2004. Inventaires des sites à protéger à chiroptères en France métropolitaine - mise à jour de l’inventaire de 1995. DNP. 92 p.