L’Assemblée Nationale veut rétablir la peine de mort pour le loup !


LES DÉPUTÉS FACILITENT LE TIR DES LOUPS

Ils ont adoptés le 12 octobre 2016 un amendement pernicieux glissé dans le projet de nouvelle loi "Montagne"... (*)


"Une espèce invasive" selon les dires de certains élus ! :

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Même dans le haut Doubs, on s’équipe !

« Les loups se sont reproduits de manière massive, les espèces à protéger ce sont les brebis et non plus les loups. Le loup massacre le pastoralisme », s’est emportée en bêlant la député PS des Hautes-Alpes Karine Berger.

Pour le député UDI Philippe Folliot (Tarn), « le loup est une espèce invasive ».

Selon Annie Genevard (députée LR, Doubs), cet amendement permettra « d’autoriser davantage de tirs là où le danger est le plus manifeste ».

Le ministre de l’Aménagement du Territoire Jean-Michel Baylet a plaidé en vain que « la politique actuelle était équilibrée », rappelant que Ségolène Royal avait relevé de 12 à 36 le nombre de loups pouvant être tués chaque année, dans le cadre d’arrêtés préfectoraux. (Source presse : Est Républicain)

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Ces députés qui crient « Mort aux loups » !

Les politiques se disputent les voix de 2% de chasseurs français alors qu’une immense majorité de nos concitoyens désirent la conservation du canidé sauvage et que 90% de la population souhaite le dimanche pour tous sans chasse.

Le 16 janvier 2016, plus de 5000 manifestants ont fait savoir à Lyon leur opposition à la chasse aux loups, quand le préfet n’en attendait que quelques centaines.

La pétition CAP-Loup a reçu plus de 110 000 signatures.

Pourtant chaque année, la ministre de l’écologie augmente les autorisations d’abattage de loups. Elle a même constitué une équipe d’emplois-jeunes pour tirer les loups ! Au 20 septembre 2016, 12 loups ont déjà été abattus "légalement" en trois mois sur le quota annuel de 36. Nul doute que l’ouverture de la chasse, permettant aux chasseurs d’en abattre d’avantage lors de leurs battues va donner un coup d’accélérateur.

Pourtant, d’après différentes études, les tirs de loups ne servent à rien. Cette campagne de prélèvement est même contre-productive : en déstructurant la hiérarchie des meutes, les animaux inexpérimentés dans la prédation de populations sauvages reportent leurs attaques vers les animaux domestiques, etc...

La dernière publication scientifique à ce sujet souligne que dans plus de 70% des cas, ces abattages font augmenter ou restent sans effet sur la prédation des troupeaux domestiques et que, par contre, les méthodes de prévention sont efficaces dans 80% des cas (A.Treves, M. Krofel, J. McManus (2016) Predators control should not be a shot in the dark. Frontiers in Ecology and the Environment, volume 14, issue 7, p. 380-388). Les auteurs de cette étude recommandent aux décideurs de suspendre la lutte contre la prédation par des tirs létaux. Mais nous constatons une fois de plus avec les « irresponsables » décideurs politiques cités plus haut, qu’ils n’y prêtent pas la moindre attention.

Les associations ASPAS et One Voice ont déposé un recours contre l’arrêté du 05 juillet 2016 autorisant le tir de 36 loups pour 2016-2017, alors que la population stagne depuis trois ans déjà. En effet, l’ONCFS estime son effectif à 285 individus en 2015, 292 en 2016. Il est constaté une légère progression spatiale mais aussi la baisse du nombre de loups par groupe, probablement due aux tirs d’après l’office. Lors de la dernière réunion au ministère, pas une seule fois le mot « protection » des troupeaux n’a été prononcé. Pour les pouvoirs publics, les tirs semblent être le seul outil de gestion des conflits pastoraux/loups.

Le loup à pourtant une utilité indiscutable dans l’équilibre de la nature, par exemple en régulant naturellement les populations d’ongulés (cerfs, chevreuils, chamois, animaux malades,…) rendant ainsi un grand service à la forêt. Car un grand déséquilibre entre proies et prédateurs entraine des conséquences importantes sur la régénération des boisements, problème que connait bien L’ONF.

Le loup : protégé en droit européen, condamné en droit français ?

En Europe, le loup est protégé par la Convention de Berne (1979) transcrite dans le droit français en 1989. Il est inscrit dans les annexes II et IV de la directive « Habitats » de l’Union Européenne et fait partie des espèces prioritaires.

En France, l’espèce est protégée sur le territoire national par l’arrêté ministériel du 22 juillet 1993 publié à la suite des premières observations attestées du loup en France (mis à jour le 23 avril 2007).

Ce statut implique pour les États, donc pour la France, de veiller à la conservation de l’espèce et de ses habitats. Sur la Liste rouge des espèces menacées en France de l’IUCN, le loup gris, Canis lupus, est classé « vulnérable ».


(*) EXPLICATIONS.

Par l’amendement 277 adopté le 12 octobre 2016 les députés ont modifié l’article 16 du projet de loi « Montagne » pour faire ajouter la phrase pernicieuse ci-dessous à l’article L. 1 du code rural et de la pêche maritime à la fin de son paragraphe VI :

« Aux fins de réaliser ce dernier objectif, (préserver des préjudices causés par les grands prédateurs) les moyens de lutte contre les grands prédateurs d’animaux d’élevage sont adaptés, dans le cadre d’une gestion différenciée, aux spécificités des territoires, notamment ceux de montagne ».

L’objectif est clairement de vouloir faire beaucoup plus que les décisions anti loups prises aujourd’hui en déclarant une guerre intensive aux loups massif par massif avec des moyens "adaptés". !?!

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Discussion amendement 277

Afin que chacun se fasse son idée sur l’adoption de cet amendement et les arguments avancés, vous pouvez consulter ci-contre l’extrait de cette belle discussion d’amendement du 12 octobre 2016 tenue sous les lambris de notre assemblée nationale.