Les HAIES sont indispensables à de nombreuses espèces animales. Leur entretien doit respecter les enjeux liés à la biodiversité En Haute-Saône, la CPEPESC interpelle..



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En Haute-Saône, la CPEPESC interpelle les associations foncières de remembrement et les municipalités afin que le traitement et l’entretien des haies en bord de voies communales ou de chemins respectent les enjeux liés à la biodiversité.

Bien que représentant une surface limitée à l’échelle d’un territoire, les haies contribuent entre autres au maintien et à l’essor de la biodiversité. Elles répondent ainsi aux besoins de nombreuses espèces animales (lieu de reproduction et de repos) dont beaucoup sont rares, voire menacées comme l’avifaune. La raréfaction des haies met donc directement en cause leur survie.

Si leur intérêt n’est plus à démontrer, force est de constater que leur entretien tel que pratiqué encore aujourd’hui laisse sérieusement à désirer.

Les habitudes ont en effet la vie dure et il n’est pas rare de constater des tailles sévères qui sortent du cadre de l’entretien ordinaire que l’on peut concevoir pour ces éléments structurants du paysage désormais protégés par la loi * et au titre des BCAE « Maintien des particularités topographiques ».

Taillées au cordeau à 1m-1m50 au moyen d’une épareuse, réduites à leur plus simple expression, les haies ne remplissent plus leur rôle d’accueil et de gîtes pour les oiseaux puisqu’elles n’offrent plus les conditions favorables à l’accomplissement de leurs cycles biologiques.

En outre, ainsi entretenue, la haie présente un risque accidentogène évident pour les oiseaux qui sont encore susceptibles de s’y percher occasionnellement puisque cela les place précisément au niveau d’un véhicule de passage lors d’un envol au-dessus de la chaussée. A contrario, une haie conservant une hauteur optimale, de 3 m et plus, permet aux oiseaux de s’envoler sans risque ou presque de collision.

Cette pratique causant un préjudice certain aux besoins de plusieurs espèces protégées, la CPEPESC a donc interpellé diverses associations foncières et municipalités en charge de ces entretiens récurrents, notamment dans le quart nord-est du département, en leur demandant :

- de laisser repousser les haies à basses tiges jusqu’à leur hauteur d’origine (3 m et plus) ;

- de ne procéder à aucune coupe ou taille à l’avenir excepté un entretien léger, à des fins sécuritaires, visant à élaguer uniquement les branches qui viendraient à empiéter sur la chaussée sachant qu’il n’y a aucun intérêt à les couper dans le sens de la hauteur sauf à en démontrer la nécessité (par exemple en présence d’une ligne électrique).

A l’intérêt écologique s’ajoute un enjeu économique par réduction des dépenses allouées à ces interventions.

Ce n’est qu’ainsi que ces haies pourront recouvrer leur rôle d’accueil, de gîte et de repos pour de nombreuses espèces et que les communes et associations foncières concernées pourront se prévaloir de contribuer concrètement à la préservation de la biodiversité dont le déclin se poursuit inexorablement malgré les alertes de la communauté scientifique.

* En application de l’article L. 411-1 du code de l’environnement, les haies constituent aujourd’hui des habitats naturels ou des habitats d’espèces. A ce titre, leur destruction, leur altération ou leur dégradation sont expressément interdites sauf à bénéficier d’une dérogation en vertu de l’article L. 411-2 du même code.