OASIS 3, une nouvelle ZAC à Vesoul/Pusey. Etait-il d’intérêt public de créer une énième zone commerciale sur le secteur de Vesoul à l’aune des grands changements (climatiques, énergétiques, écologiques) ?



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Il existait déjà une zone d’activités à Pusey, enfin deux plus exactement. Après OASIS 1 et 2 c’est donc OASIS 3, créée à l’initiative de la municipalité de Pusey et de son indétrônable maire, Monsieur Regaudie, qui va voir le jour dans le prolongement de l’hypermarché Leclerc sur une surface, certes relativement modeste, de 15 000 m² et sur une ancienne parcelle cultivée mais comment ne pas s’interroger sur l’intérêt public de l’opération à l’aune des grands changements (climatiques, énergétiques, écologiques) auxquels nous devons tous faire face.

La première motivation est récurrente, l’emploi. L’hypothèse haute avancée aujourd’hui est que cette nouvelle zone devrait permettre de créer une centaine d’emplois. C’est oublier cependant un peu vite que parmi ces emplois, certains ne seront pas nouveaux, quelques enseignes déjà implantées sur Vesoul ayant choisi de délocaliser comme Cache-Cache et Bréal par exemple. C’est oublier également que l’ouverture de cette zone commerciale engendrera inévitablement, par concurrence, la fermeture de boutiques et de petits commerces installés en centre-ville. Le bilan attendu en termes d’emplois risque donc de ne pas être à la hauteur des prévisions invoquées.

Mais une autre motivation mise en avant par les partisans de cette nouvelle ZAC est la diversification de l’offre commerciale. Plusieurs enseignes nationales, entre 13 et 15, dont certaines inédites à l’échelle du département, sont attendues (Décathlon, Gifi, etc.). Les pro de la grande distribution s’en félicitent.

De notre côté, nous objecterons que sur la zone OASIS 1 de nombreux bâtiments sont aujourd’hui inoccupés.

En cette époque où la maîtrise du foncier est devenu un enjeu sociétal et écologique, il convenait plutôt, pour éviter de ponctionner encore des terres agricoles, d’engager un projet d’envergure visant à relooker, réhabiliter ces anciens espaces commerciaux. Si quelques projets de restructuration ont vu le jour depuis 2016, ils sont encore insuffisants.

Qu’on se le dise, la fin des ZAC n’est pas encore pour maintenant tant que nos élus et nos modes de consommation feront la part belle à la grande distribution au détriment du développement du commerce de proximité.

Sans une véritable prise de conscience, le bétonnage des espaces ruraux périphériques des villes moyennes et grandes se poursuivra inlassablement malgré les lois issues du Grenelle de l’environnement qui étaient censées renforcer la prise en compte des conséquences environnementales de l’artificialisation des sols (paysage, biodiversité, ruissellement, etc.).