Projets routiers : il faut prendre en compte la faune sauvage ! *


Nécessaire et indispensable.

Quelques articles parus dans les journaux locaux et intitulés « Les accidents avec du gibier se multiplient », donne l’occasion à la CPE de réagir sur la problématique faune sauvage/infrastructures de transport.

Avec l’évolution sans cesse grandissante du parc automobile (+ 18 % au cours de la dernière décennie, sources TNS Sofres) et l’extension du réseau routier, la petite ou grande faune sauvage (et non "le gibier" NDLR !) se trouve de plus en plus prise en otage.

Les effets d’une infrastructure linéaire sur la faune sauvage sont multiples : perte d’habitat, dérangement, mortalité, effet barrière, etc.

L’effet le plus visible, la destruction directe par collision avec un véhicule, est le plus souvent évoquée. Le nombre d’accidents mettant en cause des animaux sauvages a quintuplé en dix ans au niveau national.

Il semble donc important que les autorités et les collectivités prennent en compte, comme il se doit, l’impact sur la faune sauvage de toute nouvelle infrastructure routière censée entraîner un trafic important.

La réduction des accidents, d’utilité publique, passe par la mise en oeuvre d’ouvrages tels que les passages spécifiques à faune qui contribuent, en limitant statistiquement les accidents, à rétablir les échanges vitaux entre populations.

Or, aujourd’hui, si la CPE doit reconnaître qu’en Franche-Comté, l’Etat consent enfin à faire des efforts sur les grands projets (RN 19, Vesoul-Langres ; RN 57 projet de tronçon entre la Vrine et Nods ; projet de ligne TGV), force est de constater que les Conseils Généraux (faute de moyens ? de volonté ? de sensibilité probablement) rechignent à mettre en place ces dispositifs.

L’exemple de la RD 461 dans le Doubs, dite « Route des Microtechniques », reliant Etalans à la Suisse, qui n’a d’ailleurs scandaleusement jamais fait l’objet d’une étude d’impact globale comme la loi l’exige, est particulièrement éloquent : sur un linéaire à grande vitesse de plus de 60 km, qui sera à terme totalement engrillagé, aucun passage spécifique à grande faune n’avait été prévu.

Comme "mesures compensatoires" on proposait des grillages latéraux rendant totalement impossibles les échanges faunistiques à l’intérieur d’un même massif !

La demande insistante de la CPE depuis 2002 pour la réalisation d’un dispositif au Col des Ages de Loray, permettant de conserver un minimum de continuité biologique dans le relief boisé de l’arc jurassien, était restée longtemps lettre morte auprès de la précédente assemblée du Conseil Général du Doubs, maître d’ouvrage.

Tenace l’association, qui avait renouvelé sa revendication auprès des nouveaux élus, vient de la voir enfin acceptée. Par lettre du 22 décembre 2003, Claude Jeannerot, Président du Conseil Général du Doubs, fait connaître à la CPE que l’exécutif du département a décidé de réaliser cet ouvrage.

Une mesure qui au vu des éléments de l’étude d’impact de l’aménagement du Col des Ages aurait dû être automatique.