Bilan Natur’Adapt : Le climat change, les Réserves Naturelles s’adaptent.
La démarche Natur’Adapt

Depuis février 2025, la CPEPESC de Franche-Comté, gestionnaire du Réseau des 7 Réserves Naturelles Régionales (RNR) “Cavités à Chiroptères”, met en œuvre la démarche Natur’Adapt.
Cette initiative vise à anticiper et intégrer les effets du changement climatique dans la gestion des aires protégées. Elle repose sur plusieurs objectifs :
• Impliquer les acteurs du territoire, en partageant les enjeux et en construisant des réponses collectives.
• Comprendre les effets du changement climatique sur les Réserves : en observant les tendances passées et en anticipant celles à venir.
• Évaluer la vulnérabilité des milieux et des espèces : pour identifier les zones ou les habitats les plus sensibles.
• Adapter les pratiques de gestion : en ajustant les suivis, les interventions ou les priorités selon les risques climatiques.
Minioptère de Schreibers ; © JOYEUX Emile
Le climat change, la nature que nous connaissons aussi !
Les 7 Réserves Naturelles Régionales “Cavités à Chiroptères”, réparties entre le Doubs, le Jura et la Haute-Saône, sont toutes directement exposées aux effets du réchauffement climatique. À l’horizon 2055, les températures moyennes pourraient augmenter de +2 °C sur les Réserves. Sans réduction significative des émissions de gaz à effet de serre, cette hausse pourrait dépasser +4 °C d’ici la fin du siècle. Les données présentées au dos comportent toutefois une part d’incertitude, car leur évolution dépendra des efforts engagés pour atténuer le changement climatique à l’échelle mondiale et nationale. Certains paramètres restent difficiles à anticiper, notamment l’évolution des précipitations. On peut toutefois prévoir une redistribution saisonnière du régime des pluies. Les épisodes pluvieux extrêmes devraient se multiplier, augmentant les risques d’inondations. À l’inverse, les étés très chauds favorisent les départs de feu. Si la Franche-Comté reste moins exposée au risque incendie que d’autres régions françaises, elle n’est pas pour autant à l’abri : le nombre de jours à risque élevé augmente. Facteur aggravant, la végétation sèche et fragilisée par le manque d’eau dans le sol s’enflamme plus facilement, accélérant la propagation des incendies.
On observe déjà des conséquences directes du dérèglement climatique sur les milieux naturels : certaines essences d’arbres montrent des signes de dépérissement, les périodes de floraison se décalent, et des espèces vectrices de maladies ou allergisantes, comme les tiques, les moustiques ou l’ambroisie, apparaissent plus tôt dans la saison. La composition des forêts quant à elle, risque de changer : les essences sensibles à la sécheresse pourraient reculer, laissant place à des espèces adaptées à un climat plus chaud. Ces transformations auront des répercussions sur la biodiversité locale et les équilibres écologiques.
Les cavités souterraines, habituellement thermiquement stables, pourraient lentement se réchauffer et devenir moins humides impactant les espèces qui dépendent de ces milieux, notamment les chauves-souris. Des hivers plus doux pourraient raccourcir ou perturber leurs phases d’hibernation ; d’ici 2100, les vagues de froid pourraient disparaître des Réserves. On estime qu’il ne resterait en moyenne que 24 jours de gel par an – des journées où la température minimale passerait sous le seuil des 0 °C. Les périodes d’émergence, de reproduction ou de chasse des chauves-souris pourraient ne plus coïncider avec la disponibilité des insectes, affectant leur survie.
Au-delà des milieux naturels, c’est aussi notre quotidien qui est progressivement impacté. À terme, plusieurs secteurs pourraient être affectés, comme la sylviculture, confrontée à des cycles de production perturbés ; le pastoralisme, avec une baisse des ressources fourragères et des périodes de pâturage modifiées ; ou encore les sports de nature, soumis à de nouvelles contraintes liées aux fortes chaleurs et à la météo instable. C’est pourquoi il est essentiel d’anticiper ces évolutions et d’adapter la gestion des Réserves afin de préserver durablement ces milieux fragiles.
Le climat change, et nous sommes tous concernés. Adapter nos pratiques et nos habitudes, tout comme la gestion des Réserves Naturelles, c’est agir maintenant pour préserver notre patrimoine. Dans cette démarche, le gestionnaire réfléchit à des pistes d’adaptation au changement climatique ; un document en cours de rédaction. L’objectif est d’anticiper les impacts et d’imaginer des solutions pour préserver les Réserves dans la durée. Si vous avez des idées ou des observations à nous partager, n’hésitez pas à nous écrire à l’adresse : rnr@cpepesc.org

Dépérissement forestier à proximité de la Réserve Naturelle Régionale
des Grottes de la Côte de la Baume © JOYEUX Emile
Le document ci-dessous porte sur les sept communes sur lesquelles se trouvent les Réserves Naturelles Régionales.
- Fretigney-et-Velloreille
- Echenoz-la-Méline
- Gondenans-les-Moulins
- Beaumotte-lès-Pin
- Chenecey-Buillon
- Roset-Fluans
- Poligny
Ces « fiches climat » présentent à la fois les évolutions climatiques observées dans le passé et celles anticipées grâce aux projections disponibles. Ces changements ne sont pas sans conséquences pour notre environnement. La dernière page du document met en évidence leurs impacts sur différentes composantes des écosystèmes.