Commission de Protection des Eaux, du Patrimoine, de l'Environnement, du Sous-sol et des Chiroptères de Franche Comté

La question de la pollution des pneus sur les routes

publié le15 octobre 2026

« Chaque voiture laisse des milliards de microparticules invisibles sur le bitume en roulant. Les pneus perdent en moyenne 1,2 kilo de gomme par an et par véhicule, ce qui représente 50 000 tonnes de gommes et d’additifs relâchées dans l’environnement par an. Leur usure est reconnue comme la première cause de présence de microplastiques dans l’environnement par le règlement européen Euro 7.

La pluie lave la route et transporte ces microplastiques toxiques dans les sols, les rivières et les lacs, comme l’a récemment révélé une enquête journalistique minutieuse s’agissant du lac d’Annecy.

Les produits chimiques contenus dans les pneus empoisonnent l’eau jusqu’à réduire le nombre de poissons dans les eaux de surface. Une partie de cette poussière reste dans l’air qui est respiré tous les jours au bord des routes. L’eau du robinet des communes avoisinantes et l’urine des riverains (37 % de l’échantillon des individus testés près du lac d’Annecy) attestent de la présence de particules toxiques utilisées dans la fabrication des pneus, toujours selon l’enquête précitée. Sous couvert du secret industriel, les fabricants de pneus ne délivrent pas la liste exacte des substances utilisées, ce qui empêche une meilleure détection, la recherche des agents toxiques et la prévention de la pollution. À la suite de cette enquête, certains polluants liés à l’usure des pneus ont pu être identifiés, mais aucun service de l’État ne les recherche à l’heure actuelle ».

Cet exposé des problèmes justifie une question écrite d’un député de Savoie, Jean-François Coulomme, qui demande à la ministre de la Transition écologique « ce qu’elle envisage pour mettre fin à cette pollution massive et silencieuse touchant plusieurs milieux atmosphériques et aquatiques, et quelles injonctions elle envisage d’adresser aux fabricants de pneumatiques conformément au principe pollueur-payeur, alors que la toxicité des polluants déjà identifiés est connue depuis dix-huit ans ».

Espérons une réponse rapide !

(Publication de la question au Journal Officiel du 13 octobre 2026, page 9563 )

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