Mortes eaux! Le déversoir « pluvial » a pollué à nouveau la Tanche
A Morteau, on ne compte plus les pollutions d’hydrocarbures et autres substances que déverse périodiquement dans le ruisseau de la Tanche un méchant tuyau ou aboutit (en face du magasin Darty) une grande partie des eaux pluviales et des débordements de plusieurs trop-pleins (dits d’orage) du réseau d’eaux usées.
Cette pollution a été découverte le 19 mai 2026 et a fait l’objet d’interventions successives des pompiers pour la mise en place de plusieurs barrages flottants successifs et des serviettes d’absorption pour essayer de limiter l’écoulement du polluant vers l’aval du ruisseau.

L’exutoire en cause a déjà été à l’origine de pollutions répétées, notamment en décembre 2020, juillet 2022 et janvier 2024. Il est situé à l’extrémité d’un système de canalisations souterraines qui reçoit essentiellement des eaux pluviales, mais aussi des trop-pleins d’orage du réseau d’eaux usées, et qui draine également une combe naturelle humide… À proximité du passage de ce collecteur, il faut noter par ailleurs la présence des stockages d’hydrocarbures de l’entreprise Rognon énergies, ainsi qu’une entreprise de peinture susceptible d’utiliser des solvants.
L’écoulement pollué, bien marqué, a duré plus d’une semaine. Le 4 juin 2026 encore, lors d’une nouvelle visite de terrain, la CPE a pu constater l’arrivée persistante de traces de polluant(s), marquées par de nombreuses irisations de la surface de l’eau du ruisseau avec persistance d’une forte odeur.
Tout devrait être mis en œuvre pour en trouver l’origine accidentelle ou intentionnelle du polluant sinon cela recommencera.
La recherche de l’origine « au nez » de certains est une farce, à une époque où des analyses permettent d’identifier la signature d’un polluant surtout d’origine pétrolière… On espère de la police de l’environnement et la Justice déterminent la nature précise et la source d’une pollution qui n’est hélas pas ici la première en ce qui concerne les hydrocarbures.
Il est incontestable qu’un tel écoulement dans les eaux superficielles a des conséquences très impactantes sur la qualité de ces eaux, à la biocénose aquatique ainsi qu’à la faune et sur la flore de la zone humide du marais de la Tanche qui a été renaturée avec reméandrement du cours du ruisseau, il y a à peine un an (mai 2025), par l’EPAGE Haut-Doubs Haute-Loue et des financements publics (Agence de l’Eau, Life Climat européen, …).
Des plaintes ont été déposées. Les pollueurs doivent être les payeurs ! À suivre, donc.
PS : La CPEPESC est preneuse de toute information même anonyme concernant l’origine de cette pollution.