Commission de Protection des Eaux, du Patrimoine, de l'Environnement, du Sous-sol et des Chiroptères de Franche Comté

Réserve naturelle nationale de la Grotte de Gravelle

publié le26 mai 2014

La réserve naturelle de la Grotte de Gravelle se situe sur la commune de Macornay, dans le Jura, près de Lons-le-Saunier. Cette réserve naturelle a été créée spécifiquement pour la préservation de cette cavité naturelle expliquant la surface réduite de la réserve naturelle (1ha 36a 73ca). La création de la réserve naturelle fut décrétée le 15 décembre 1992 et la CPEPESC en devient son gestionnaire officiel après signature d’une convention cadre avec la Préfecture du Jura en août 1993. Par ailleurs, le site de la Grotte de Gravelle correspond à une ZNIEFF de type 1 (n° 0028 0004) et fait partie d’un site désigné dans le cadre de la Directive Habitats-Faune-Flore (Réseau de cavités à Minioptères de Schreibers en Franche-Comté).

La cavité, orientée Nord-Est, s’ouvre par un vaste porche de 3m de hauteur pour 5m de largeur. Elle se développe ensuite sur environ 90m par une vaste galerie sèche et argileuse de 4m de hauteur par 7m de largeur donnant au bout d’une centaine de mètre sur un énorme éboulis et deux très hautes ‘cheminées’  terminales sur les côtés.

La zone d’entrée est relativement large et haute
Un important éboulis rocheux se situe à l’intérieur de la cavité

Cette cavité naturelle a servi depuis des décennies de refuges aux espèces animales troglophiles dont les chiroptères sont les plus représentatifs. Parmi ces espèces, le Minioptère de Schreibers est une chauvesouris cavernicole et grégaire réalisant l’ensemble de son cycle annuel biologique dans un nombre restreint de sites souterrains. Situé dans la limite Nord de sa répartition mondiale en Franche-Comté et classé Vulnérable (VU) au niveau national. C’est une espèce sensible à enjeu de conservation très fort. Aux côtés des murins de grande taille, Petit Murin et Grand Murin, en période d’activité, le Minioptère forme avec ces deux espèces jumelles (malgré leurs noms vernaculaires, Petit et Grand Murin se ressemblent très fortement) une colonie mixte : Cette colonie regroupe notamment les femelles et leurs juvéniles lors de la saison sensible de mise bas. En particulier, le Petit Murin a un statut de conservation évalué en Danger critique (CR) en région. C’est une espèce en extrême limite de répartition européenne en Franche-Comté, pour laquelle seulement deux colonies de mise-bas sont connues dans le quart Nord Est de la France.


Au total, 23 espèces ont été identifiées depuis 1948 sur les 29 espèces présentes en Franche-Comté et les 35 en France métropolitaine. Les moyens de suivis faisant appel aux technologies récentes d’enregistrement ultrasonore automatisé et en continu (pour les cris d’écholocation et cris sociaux émis par les chiroptères) ont permis d’améliorer grandement les connaissances sur la diversité les espèces fréquentant la cavité, mais aussi sur leurs périodes et type de fréquentation. Par rapport aux 13 espèces connues et observées jusqu’en 2020, l’analyse des séquences ultrasonores réalisée cette année-là, à la période automnale (période la moins étudiée), permet de porter la liste des espèces connues, détectées par l’acoustique et ou observées lors de suivis plus classiques, à 23 espèces. Les champs d’investigation sur la connaissance de l’utilisation de la cavité par les chiroptères via les moyens ultrasonores sont encore prometteurs.

La cavité est fréquentée toute l’année par les chauves-souris, mais son importance est remarquable dès lors que les chauves-souris sont en période d’activité, dès la sortie de l’hiver jusqu’à la fin de l’automne. Deux espèces sont présentes toute l’année (Grand Murin et Petit Rhinolophe), 10 hibernent (dont 7 occasionnellement) et 3 y mettent bas (Petit Murin, Grand Murin et Minioptère de Schreibers). Le statut d’occupation des dernières espèces détectées de manière indirecte dans la cavité en période automnale reste à préciser. Les périodes à enjeux les plus sensibles vis-à-vis des chiroptères sont la période estivale de mise-bas, et la période de léthargie hivernale.

Une importante colonie mixte de Grands et de Petits Murins utilise la cavité pour se reproduire

La mise en réserve du site a amené par la suite la mise en place de panneaux de balisage et d’informations aux limites extérieures de la réserve naturelle. En juillet 1993, après une étude menée sur la Grotte du Carroussel, un périmètre grillagé est installé autour de l’entrée de la cavité permettant de limiter, voire de faire cesser, la pénétration et les perturbations humaines dans la cavité.



Les panneaux balisent le périmètre de la réserve, et informent de la
réglementation en vigueur

Afin de planifier de manière cohérente les opérations de gestion pour la connaissance et la protection de ce site naturel et de ces espèces sauvages qui y interagissent, le gestionnaire élabore et suit un programme stratégique pour atteindre des objectifs de conservation. Ce programme, c’est le plan de gestion de la réserve. Il est élaboré sur la base de diagnostics écologiques et socio-économiques mis à jour périodiquement.

Le comité consultatif de la Grotte de Gravelle a donné un avis favorable au plan de gestion 2020-2029 et, après consultation du public, il a été approuvé par arrêté préfectoral le 22 mars 2021.

Le plan de gestion 2020-2029 de la réserve est consultable en cliquant ci-dessous :

Tome 1 Tome 2

Annuellement, les rapports d’activités permettent d’évaluer le chemin parcouru pour atteindre un état de conservation satisfaisant de la biodiversité, des habitats naturels et des espèces de la cavité. Ils sont consultables ici : Rapports d’activités des RNN à chiroptères