Commission de Protection des Eaux, du Patrimoine, de l'Environnement, du Sous-sol et des Chiroptères de Franche Comté

Les effluents des fromageries

publié le9 septembre 2014

Les fromageries, comme toutes les activités agroalimentaires, produisent de grandes quantités d’effluents pollués.

Il s’agit essentiellement :
– d’eau ayant servi au lavage des installations,
– de sérum de laiterie (ou petit lait) résidu liquide de fabrication extrêmement chargé en matière organique (caséine)

Les eaux de lavage de fromagerie , assimilables à de l’eau de vaisselle très sale, devraient toujours être traitées par une installation d’épuration. Elles sont en effet très chargées en matière organique mais aussi en phosphore (voir) que les station d’épuration éliminent mal sauf équipement adaptées.  Cet élément contribue au développement des algues dans les rivières et en perturbe la vie aquatique lorsqu’il est en excès.
Les quantités d’effluents rejetées par les fromageries sont très importantes. En effet, l’utilisation d’eaux de lavage dans un atelier peut varier de 5 à 10 litres d’eau par litre de lait traité.

Ainsi un fromagerie recevant 4 millions de litres de lait par an ( 11000 litres par jour) pourra rejeter plus de 250 m3 d’eau polluée de lavage chaque jour !

Rejet sauvage d’effluents de fromagerie dans une perte

Les fromageries lorsqu’elle ne disposent pas de système d’épuration autonome peuvent être reliées aux stations d’épuration publiques.

La Directive 2000/60/CE dite Directive Cadre sur l’Eau (DCE)  exige l’atteinte du bon état des masses d’eau réceptrice et leur non-dégradation  mais ce « bon état »  est peu ambitieux  par rapport aux rejets d’azote et surtout de phosphore pour les fromageries qui provoquent l’eutrophisation algale des rivières.

Le lactosérum est ce qui reste du lait après l’extraction des éléments servant à fabriquer le fromage, le beurre, la crème… En volume, cela représente environ les 9/10 du lait traité. Ce déchet liquide très polluant est inacceptable en station d’épuration et ne doit jamais être rejeté à l’égout ou dans le milieu naturel. Mais peut être valorisé de différentes façon :

– en aliment direct pour l’élevage des porcs,

– en fabrication de poudre de lait, compléments alimentaires, ou d’aliment pour le bétail, etc.. Des techniques permettent en effet de concentrer le produit en enlevant une grande part de son eau, ou même de le déshydrater totalement.