Commission de Protection des Eaux, du Patrimoine, de l'Environnement, du Sous-sol et des Chiroptères de Franche Comté

LES POLLUTIONS INDUSTRIELLES.*

publié le27 décembre 2019

Dans l’industrie, l’eau réfrigère, dissout, nettoie et évacue… les déchets liquides et solides. Durant la seconde partie du siècle dernier, la montée en puissance de s activités s’accompagna de spectaculaires pollutions des cours d’eau, souvent toxiques et destructrices de milliers des poissons.

Sous la pression de ces scandales et des idées écologiques, le législateur se préoccupa très progressivement de protéger l’eau et l’environnement des entreprises pour aboutir à certains textes de l’actuel Code de l’environnement.

Mais pondre des lois  est une chose, les faire appliquer en est une autre ! L’action  continue des associations de défense de la nature y a beaucoup contribué n’hésitant pas à traîner devant le juge même les pollueurs économiquement les plus puissants. Le « risque pénal » a énormément contribué à une prise de conscience environnementale salutaire chez les industriels.   

Il faut reconnaitre que beaucoup de progrès ont été réalisés  dans les entreprises désireuses  de se verdir.   Mais la vigilance des associations demeure plus que jamais indispensable, car l’État ne s’est jamais doté d’une police industrielle suffisante en personnels et en moyens… Et c’est toujours une police spéciale, qui suit les grosses entreprises, à travers la législation des installations classés au titre de la protection de l’environnement.

En 2000, l’industrie n’est plus  la première  responsable des rejets toxiques dans le milieu naturel: l’agriculture chimique a confortablement pris le relai!

Il existe aujourd’hui  des filières d’élimination spécialisées, auxquelles toute entreprise a l’obligation de confier ses déchets solides ou liquides, dangereux.   Mais des scandales surviennent de temps à autre et montrent que tout n’est pas clair dans les filières dites d’élimination des déchets souvent peu transparentes.

Pour les eaux usées des process industriels, celles-ci doivent être neutralisées, détoxiquées, épurées avant tout rejet dans la rivière (métaux lourds, polluants organiques stables de synthèse) ou dans le réseau d’assainissement. Les industriels bénéficient de subventions des agences de l’eau pour leurs équipements de réduction des pollutions.

Il existe des procédés de traitement des effluents adaptés à chaque type d’effluents.  Mais laxisme  d’ autres industriels moins scrupuleux en matière de rejets est encore  très encouragé par la rapacité des actionnaires et l’absence de contrôle, de sanctions administratives ou de poursuites judiciaires devant les Tribunaux !   

Pour économiser l’eau, éviter les rejets et la pollution toxique, certaines entreprises novatrices utilisent l’eau en circuit fermé dans leurs installations. Il n’y a plus de rejet… C’est une industrie « propre ».

Selon les pouvoirs publics, la situation des gros rejets industriels a évolué positivement

Mais les associations découvrent encore parfois des rejets sauvages et les pollutions accidentelles de rivières, entraînées par des négligences et des insuffisances graves, ne sont pas rares.

Les analyses d’eau effectuées dans l’environnement montrent la présence de molécules polluantes provenant d’activités industrielles.

Un bilan des principaux rejets industriels de France est présenté sur le site https://www.georisques.gouv.fr/risques/registre-des-emissions-polluantes. Mais cet inventaire ne concerne que les principales entreprises et est pour l’essentiel le fruit de l’autosurveillance. Celle-ci est réalisée par les industriels eux-même à la demande des pouvoirs publics.

 Reste posé le problème des rejets diffus et très mal connus des petites entreprises, souvent de taille artisanale, utilisant des produits chimiques très polluants ou dangereux.
Des centaines de molécules de produits chimiques industriels sont ainsi diffusées dans l’environnement

Les différentes natures des pollutions industrielles.

– Mécaniques (Par exemple le rejets de particules de sables,…)

– Thermique (Rejets d’effluents de refroidissement,…),

– Organiques (Surtout par les industries agroalimentaires, les fromageries industrielles, …)

– Métalliques ( Les métaux lourds sont toxiques : mercure, cadmium, cuivre, zinc, chrome, …….),

– Chimiques (Produits acides ou alcalins, solvants, hydrocarbures, produits organiques de synthèse,…)

– Radioactives (Rejets d’éléments radioactifs)

Les ancien sites industriels ont laissé un héritage

Les ancien sites industriels ont laissé un héritage de pollutions de leurs sous-sols et de leurs eaux dont il faut se préoccuper . Il existe un fichier national « BASOL » tenu par le Ministère en charge de l’environnement. Il est accessible sur internet à l’adresse : https://www.georisques.gouv.fr/articles-risques/basol

L’élimination des déchets

Il faut également garder un œil vigilant sur les professionnels de l’élimination des déchets : un marché très juteux, parfois exercé par de véritables « margoulins », et où les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des promesses. Là encore l’absence d’une véritable police industrielle dotée de moyens sérieux est source d’inquiétude pour l’avenir de notre environnement.  Les pays pauvres ont déjà payé un lourd tribus aux trafiquants du déchet.

Les produits dérivés

Enfin l’industrie produit, utilise et diffuse dans ses déchets et productions des centaines de nouvelles molécules dont beaucoup ne sont pas inoffensives pour les être vivants. Ces polluants sont pour une grande part, entraînés par et dans les eaux. Certains toxiques peuvent s’acculer dans les sédiments du fond des cours d’eau, constituant un empoisonnement permanent du milieu aquatique et de véritables bombes environnementales à retardement.

Il faut donc que le citoyen  garde un regard vigilant sur toutes les activités et les produits utilisés. Les Préfectures devraient communiquer sans réticences à tout demandeur, les résultats des mesures de surveillance des rejets industriels. Mais la transparence est souvent difficile à obtenir même pour des associations regroupant un grand nombre de personnes…   Comment ne pas y voir une partialité coupable?