Contaminations des eaux par des PFAS dans le Doubs
Contaminations des eaux par des PFAS : cours d’eau dans le département du Doubs (25) et eaux distribuées sur la commune de Besançon
Avec cette étude réalisée à partir des données brutes Naïades, Ades et des données ARS (années 2018-2025), se poursuit une série de travaux portant sur la qualité des eaux en Franche-Comté et ailleurs, telle que les banques de données publiques peuvent la montrer. Gilles Sené se consacre depuis plus de 10 années à l’exploitation de différentes banques de données liées à l’eau :
- celles des Agences de l’eau (banque Naïades) pour les eaux superficielles (rivières, canaux, lacs et étangs…),
- celles du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) (banque Ades) pour les eaux souterraines (sources et nappes alluviales ou profondes),
- celles des Agences régionales de santé (ARS) (bulletins téléchargeables sur le site du ministère de la santé) pour les eaux distribuées au robinet pour la consommation humaine.
Cette étude s’appuie sur l’exploitation de différentes données publiques disponibles relativement à la contamination des eaux par les PFAS :
– eaux sauvages de la rivière Doubs et affluents dans le département du Doubs (données Naïades, Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse),
– eaux brutes de la source d’Arcier (données Ades, Bureau de Recherches Géologiques et Minières, BRGM),
– eaux distribuées au robinet pour la commune de Besançon (bulletins Agence Régionale de Santé).
Il apparait que la contamination par les PFAS est très marquante sur l’ensemble des stations exploitées ; la grande majorité des stations sur la rivière Doubs est concernée, y compris au plus près de sa source, avec une croissance des données chiffrées de l’amont vers l’aval. La contamination par PFAS est souvent forte dans les petits cours d’eau, sans doute associée à une pollution industrielle, dans le Pays de Montbéliard par exemple : les faibles débits y expliquent les fortes concentrations. Mais les apports par les stations d’épuration (STEP) sont majeurs, que ce soient des effluents d’origine domestique ou industrielle qui y sont traités. Il est techniquement difficile d’étudier une évolution temporelle de cette contamination, du fait de la courte période prise en compte.
Les PFAS constituent du fait de leurs toxicités un risque sanitaire ; 20 PFAS sont donc suivis obligatoirement depuis janvier 2024 dans les eaux distribuées pour la consommation. Globalement, les eaux distribuées sur Besançon sont conformes quant aux contaminations par PFAS, mais aucune ressource n’est indemne de PFAS ; toutefois, en août 2025, un bulletin ARS déclare non-conformes les eaux issues de la source d’Arcier, avec une somme excédentaire de concentrations de PFAS. Quelques PFAS parmi les 20 recherchés y apparaissent en effet régulièrement en concentration quantifiée, en dessous des seuils de conformité, dans les différentes eaux distribuées sur Besançon. La source d’Arcier est la plus impactée par ces micropolluants, ceci devant sans doute être mis en relation avec des épandages de boues de STEP sur les terres agricoles de son bassin versant.
Le travail de potabilisation réalisé par la station de traitement de la Malate sur les eaux de la source d’Arcier comme celui réalisé sur les eaux de la Loue à Chenecey-Buillon s’avère absolument nécessaire et il devra donc développer ses performances, autant que faire se peut. Et se mettre en place sur les communes non équipées actuellement.
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