Des Antilles à nos rivières, le chlordécone, une histoire de flux écologiques
Avec cette lettre info, se poursuit une série de travaux portant sur la qualité des eaux en Franche-Comté et ailleurs, telle que les banques de données publiques peuvent la montrer. Gilles Sené se consacre depuis plus de 10 années à l’exploitation de différentes banques de données liées à l’eau :
- celles des Agences de l’eau (banque Naïades) pour les eaux superficielles (rivières, canaux, lacs et étangs…),
- celles du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) (banque Ades) pour les eaux souterraines (sources et nappes alluviales ou profondes),
- celles des Agences régionales de santé (ARS) (bulletins téléchargeables sur le site du ministère de la Santé) pour les eaux distribuées au robinet pour la consommation humaine.

La présente étude concerne non pas un cours d’eau, mais une molécule, un insecticide utilisé bien loin de nos régions, mais que les relations économiques et commerciales font venir dans les eaux de France métropolitaine : il s’agit du chlordécone, répandu dans les Antilles françaises durant plus de deux décennies ; et c’est la consommation humaine de bananes et autres produits antillais qui le transfère jusque dans les eaux métropolitaines.
Cette étude est en deux parties, suivant la progression des recherches :
- les première et deuxième parties concernent les eaux superficielles (banque de données Naïades), la première faisant état de la pollution des eaux franc-comtoises mise en parallèle avec quelques autres stations dont certaines en Guadeloupe ; la seconde propose une discussion et une extension de la problématique à l’échelle de la France métropolitaine. On y constate que le chlordécone est ou a été bien présent, surtout sur les bassins versants les plus densément peuplés (la Seine), et semble en concentrations décroissantes, ceci étant à associer avec son interdiction en 1993.
- la troisième partie traite des eaux souterraines profondes (banque de données Ades) sur trois grandes régions métropolitaines. On y constate aussi une présence, certes plus ténue que dans les eaux de surface, mais réelle. Ceci démontre que l’eau est un vecteur majeur de toute molécule dissoute, expliquant, avec l’atmosphère et les êtres vivants, l’omniprésence planétaire de la micropollution, à l’image du chlordécone.
Cela démontre aussi incidemment la place écologique de l’humain dans les circulations de ces molécules toxiques,
bien que très faiblement dosées, mais très rémanentes, car très peu biodégradables : bioaccumulations (dans un
organisme, tout au long de sa vie) et bioconcentrations (tout au long des relations trophiques, des chaînes
alimentaires) sont deux processus écologiques majeurs donnant à l’humain une place malheureusement privilégiée,
face à cette contamination en micropolluants.
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Le chlordécone, polluant majeur des cours d’eau aux Antilles.
Et en France métropolitaine ?
Clic ici pour accéder à l’étude
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