Commission de Protection des Eaux, du Patrimoine, de l'Environnement, du Sous-sol et des Chiroptères de Franche Comté

La micropollution des eaux dans la vallée du Lison

publié le14 novembre 2025

Un état des lieux concernant le Lison (25), ses sources et sa vallée (eaux sauvages) jusqu’au robinet (eaux captées), en particulier relativement la micropollution.

Avec cette lettre info, se poursuit une série de travaux portant sur la qualité des eaux en Franche-Comté et ailleurs, telle que les banques de données publiques peuvent la montrer. Gilles Sené se consacre depuis plus de 10 années à l’exploitation de différentes banques de données liées à l’eau :

  • celles des Agences de l’eau (banque Naïades) pour les eaux superficielles (rivières, canaux, lacs et étangs…),
  • celles du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) (banque Ades) pour les eaux souterraines (sources et nappes alluviales ou profondes),
  • celles des Agences régionales de santé (ARS) (bulletins téléchargeables sur le site du ministère de la santé) pour les eaux distribuées au robinet pour la consommation humaine.

La présente étude concerne le Lison, affluent de la Loue, rivière surgissant dans des sources renommées et poursuivant son cours au travers de gorges jusqu’à Châtillon/Lison, confluence avec la Loue. Son très vaste bassin versant s’étend sur les premiers et seconds plateaux, sur des zones peu peuplées et un couvert forestier important.

À noter toutefois que le Lison et ses sources bénéficie de recherches moindres en intensité (nombre de recherches annuelles et nombre de molécules recherchées par prélèvement), excepté pour la source du Lison, bien explorée en termes de micropollution.

Cette étude est en deux parties et trois tableaux (annexe) ; elle répond aux problématiques de l’eau sur la vallée du Lison, entre autres communes :

  • la première partie propose une vision synthétique de la rivière (cf. planche jointe) et son bassin versant, incluant les diverses pollutions et micropollutions qu’elle reçoit, des activités agricoles comme des rejets domestiques et urbains. Avec la démonstration d’évolutions récentes, bien que mesurées, sans doute multifactorielles, mais pouvant être inquiétantes à terme.

Cette micropollution, très mesurée de l’eau de la rivière, se retrouve aussi dans les sédiments, ce qui témoigne d’une pollution de l’ensemble de l’écosystème « rivière ».

  • la seconde partie traite des eaux souterraines sauvages (données Ades) et les sources ou celles destinées à la consommation humaine (données ARS) sur diverses communes du bassin versant du Lison.

Les contaminations par micropolluants et pesticides sont avérées, bien que rares, mais la source du Lison, la mieux étudiée confirme l’origine domestique des micropolluants, avec des apports latéraux par sources et ruisseaux : et ces apports présentent pour la rive droite de la rivière des pesticides caractéristiques d’une agriculture intensive (culture de l’herbe et autres céréales, colza…) se cumulant avec une pollution domestique omniprésente.

Cette contamination en pesticides, essentiellement d’origine domestique, cohérente entre les deux bases de données Ades et ARS, démontre des risques, certes faibles en l’état de la connaissance, pour la consommation humaine des eaux, et ce, même si les normes de potabilité sont toujours respectées ; même en l’absence de micropolluants retrouvés dans l’eau potable, la présence de germes coliformes et entérocoques n’exonère des risques, sanitairement parlant. En France, le principe de précaution n’est en effet pas appliqué avec autant de rigueur qu’en Suisse par exemple.

Au-delà de traitements de dépollution avant distribution, la mise en protection des forages ou captages des eaux destinées à la consommation humaine exigera, sur l’ensemble du bassin versant du Lison, des investissements sur les stations de traitement des eaux usées et à terme une remise en question fondamentale de notre mode de vie basée sur la chimie industrielle.

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