Commission de Protection des Eaux, du Patrimoine, de l'Environnement, du Sous-sol et des Chiroptères de Franche Comté

Contaminations des eaux par des PFAS dans le Jura

publié le28 août 2026

Contaminations des eaux par des PFAS – Cours d’eau et lacs du département du Jura (39) – eaux libres, sédiments et gammares.

Étude réalisée à partir des données brutes Naïades (années 2018-2026).

Avec cette lettre info, se poursuit une série de travaux portant sur la qualité des eaux en Franche-Comté et ailleurs, telle que les banques de données publiques peuvent la montrer. Gilles Sené se consacre depuis plus de 10 années à l’exploitation de différentes banques de données liées à l’eau, celles des Agences de l’eau (banque Naïades) pour les eaux superficielles (rivières, canaux, lacs et étangs…) pour le présent travail.

A noter que ce travail sur le département du Jura est complété par la précédente étude mise en ligne sur le même site :

Gilles Sené – Tavaux (39) et alentours : une micropollution par PFAS dans la nappe d’accompagnement du Doubs et dans l’eau distribuée et destinée à la consommation humaine – 1er juillet 2026,

À noter aussi que nous avons repris le travail précédent sur le département du Doubs pour présenter des cartes de contaminations comparables. Il sera donc utile pour les personnes intéressées de s’y reporter. 

Gilles Sené – Contaminations des eaux par des PFAS : cours d’eau dans le département du Doubs (25) et eaux distribuées sur la commune de Besançon – 12 mars 2026, étude complétée en juillet 2026

Cette étude s’appuie sur l’exploitation de différentes données publiques disponibles relativement à la contamination des eaux par les PFAS et concernant les eaux libres, les sédiments et les gammares (petits crustacés) des cours d’eau et lacs dans le département du Jura (données Naïades, Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse), et ce, pour les années 2018 à 2026.

A l’issue de cette étude, on peut constater que le département du Jura n’est pas épargné des contaminations par des PFAS. Ce sont les rivières et lacs drainant des zones urbaines qui sont le plus contaminés, particulièrement si des activités humaines (aérodrome) ou industries y sont implantées : le nord du département avec la vallée urbanisée du Doubs, le sud avec des industries de la plasturgie sont les plus contaminés. A l’inverse, la Bresse jurassienne ou le premier plateau sont moins touchés. Pourtant, le Jura est un département peu dense quant à sa population (51 habitants au km²) : cela se retrouve par exemple dans les contaminations non marquées par des quantifications de PFAS en Bresse jurassienne ou ailleurs.

La diversité des contaminations par PFAS laisse à penser qu’existe une micropollution de fond, issue des usages domestiques et donc, proportionnelle à la taille des agglomérations et inversement proportionnelle au débit du cours d’eau : cette micropollution doit largement déborder la micropollution constatée par la seule présence en concentration quantifiée de quelques PFAS, avec des molécules présentes en dessous de leur seuil de quantification.

Et sur cette micropollution de fond se surajoutent des pollutions particulières liées à des activités ou industries : les diversités des spectres des PFAS en concentration quantifiée le démontrent, entre les apports d’un aérodrome à Tavaux, ceux de l’industrie de la plasturgie ou autre industrie. Ces apports peuvent parfois impacter très lourdement un cours d’eau, comme par exemple, ceux issus de la plasturgie dans le bief de Murgin à Moirans-en-Montagne.

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